Témoignages

Le premier témoignage est un texte de Anne Lauber * publié dans le journal Le Tour, Hiver 2015 :

Éloge de l’acoustique de la chapelle Good Shepperd.

(…) Telle une carte de Noël dans un livre pour enfants, la chapelle est là, chaleureuse, accueillante. Déjà, le public se dirige vers l’entrée. Tout en remontant le sentier, je me demande comment une chorale, un harmonium, deux pianos et des solistes pourront se tenir ensemble sur la scène. Une formation de cette envergure ne sera-t-elle pas excessive au niveau sonore? La salle peut contenir environ 120 personnes.

(…)

La salle est pleine. Les boiseries, les vitraux, la simplicité des lieux, le charme du passé omniprésent dans les murs et le décor créent une ambiance feutrée, calme, relaxante. Les églises ont une histoire, les murs s’en souviennent et nous parlent. Nous sommes dans un autre lieu, dans un autre monde. Le temps s’arrête.

(…)

Présentation des artistes, la chorale se dirige sur scène. Le chef Miklos Takacs donne le signal de départ et la magie commence. L’acoustique est incroyable. Une acoustique qui s’adapte! Que la salle soit pleine ou à moitié pleine, ce n’est jamais ni trop fort, ni trop doux. Qu’on soit assis à l’avant ou à l’arrière, chaque note nous rejoint. Même si la scène est pleine à craquer, le son est tempéré. Rien ne nous provoque, rien ne nous attaque et rien ne se perd. Chaque note, chaque phrasé, chaque intonation arrivent à la fois en douceur et en force. La musique nous rejoint en amie, en complice, sans effort que ce soit triple fortissimo ou triple pianissimo.

Mais ce n’est pas qu’une salle de concert. C’est aussi un lieu de rencontres amicales. Je me souviens d’un souper gastronomique où, pour fêter l’anniversaire de Marika, Miklos a servi un cochon entier sans compter la cave à vin généreusement ouverte, et ce, dans l’église! Ce fut aussi une salle d’exposition où nous avons pu apprécier le talent de peintre de Marika et les affiches de concert de Miklos.

*Anne Lauber, D.Mus, Compositeur, chef d’orchestre

***

Le second témoignage est un texte tiré d’une entrevue menée par Mes enceintes font défaut avec Gabrielle Gagnon-Fréchet,  suite au lancement de la nouvelle maison de disques Liberation Through Hearing à L’Église historique de Glen Sutton au cours d’une prestation de musique électronique.

Nov 29, 2018 | Publié par William | Entrevues

L’événement de lancement a eu lieu cet été à Glen Sutton dans un lieu plutôt atypique.

(…)

Je trouvais ça génial d’aller dans un rave à Sutton. Les gens du coin semblaient plus heureux, car à Montréal nous sommes un peu blasés de toutes nos sorties.

(…)

C’était magique!

(…)  je suis vraiment tombée en amour avec le lieu. C’est une église anglicane de 1870, elle est tout en bois et très bien conservée. La personne qui vivait dans la maison auparavant l’utilisait pour faire des concerts de piano, donc il y en avait trois à l’intérieur, l’ambiance était vraiment spéciale.

Comme je disais, l’aspect communautaire était super important pour moi et le fait d’être en nature aussi, d’avoir cet effet de recueillement. Faire l’événement dans la forêt a permis de créer une connexion particulière entre les gens, il y avait aussi quelque chose de spirituel avec l’église. Je ne suis pas croyante, mais je crois que c’est vital d’être en contact avec une certaine forme de spiritualité. Par exemple, démontrer de la gratitude pour les choses, pour moi c’est plus ça la spiritualité, ce n’est pas de prier, mais plus d’être en communion avec la nature, avec les gens. Faire l’événement dans une église apportait cette dimension-là. Nous nous sentions dans un lieu spirituel, c’était une forme de rituel si on veut. Même si nous ne sommes pas nécessairement croyants, le fait d’entrer dans un lieu de culte, peu importe la religion, apporte immédiatement une ambiance unique. Il y avait un sentiment de respect, de contemplation et de communion.